Titre : Irène
Auteur : Manuel Vilas
Littérature espagnole
Titre original : Nosotros
Traducteur : Isabelle Gugnon
Editeur : Editions du Sous-Sol
Nombre de pages : 304
Date de parution : 12 janvier 2024

Le deuil

Irène , cinquante ans, vient de perdre son mari, l’amour de sa vie. Elle vend leur magasin de meubles, le grand appartement de Madrid puis elle part à Malaga, au bord de la mer. Que va-t-elle faire de tout cet argent maintenant qu’elle est seule et désespérée ?
Elle loue une BMW décapotable et décide de partir en longeant la mer, allant de palace en palace. De l’Espagne en Italie en passant par la côte française.

La mer était la représentation de leur amour passion.

Elle souhaite retourner dans tous les lieux luxueux où elle a passé de bons moments avec son mari, son Marcelo. Marce et Irène se seraient-ils aimés sans argent ?
Chaque soir, elle séduit un homme ou une femme. Elle les convoque dans sa chambre d’hôtel d’un énigmatique SMS. Puis elle se donne dans l’espoir de voir Marcelo apparaître pendant son orgasme.

Changer le passé en désir. Voilà ce que je fais.

Un voyage éternel au pays de la passion

Ses amants passionnés ne sont que des moyens d’accéder à cette image de Marcelo en haut d’un escalier qui disparaît ensuite dans les flammes. Si ils la harcèlent ensuite de messages, elle ne leur répond plus.

Tous disaient l’aimer. Elle savait que les auteurs de ces propos n’étaient pas ses nombreux amants mais Marce, qui occupait leurs corps et parlait par leurs bouches.

Sans d’autres attaches que sa passion amoureuse pour son mari disparu, elle continue sa route uniquement accompagnée de la poésie de Quevedo.
En Italie, elle se rappelle les origines de Marcelo. Tori, son père, émigré espagnol lui avait transmis deux passions : le cinéma de son ami Fellini et l’amour comme seule vérité.

Tu as dit que la peinture, la photographie et le cinema ont été inventés dans le seul dessin de sauver les images de la mort.

Irène, femme à la dérive

Difficile d’aimer un roman quand on déteste son personnage principal. Certes, on ne peut que compatir face au deuil d’Irène, d’autant plus que l’on mesure aisément l’amour inconditionnel qu’ils se vouaient mutuellement. Mais ses comportements sont souvent odieux. Mesurer la qualité d’un amant à la valeur de sa montre, jouer aux anarchistes, détruire des ordinateurs et accuser un étranger, profiter des autres grâce à sa richesse.
Fort heureusement, l’auteur dévoile quelques fêlures. Mais il faut attendre le dénouement inattendu pour éprouver une once de compassion pour cette femme empreinte de solitude et de désir.

J’ai choisi de lire ce livre suite à la très bonne presse des précédents romans de Manuel Vilas. J’espère avoir davantage de plaisir à lire Ordesa qui attend dans ma Pile A Lire. Mais c’est fort probable car le style et le regard de l’auteur sont remarquables.

Auteur

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