Titre : Ce que je ne veux pas savoir
Auteur : Deborah Levy
Littérature anglaise
Titre original : Things I don’t want to know
Traducteur : Céline Leroy
Editeur : Sous-sol
Nombre de pages : 144
Date de parution : 20 août 2020
Version semi-poche : 12 mai 2023

 

Retour à Majorque

Avec Ce que je ne veux pas savoir, Deborah Levy entame un triptyque autobiographique. Des textes écrits à la première personne, volontairement conjugués au présent.

Quand le bonheur est là on a l’impression de n’avoir rien connu avant, le bonheur est une sensation qui ne connaît que le présent de l’indicatif.

Sur un escalator d’aéroport, la narratrice sent les larmes l’envahir. Deborah Levy, adulte, ne comprend pas d’où viennent ces larmes. Elle se rend péniblement à Palma de Majorque. Là, elle retrouve l’accueil chaleureux de Maria, la propriétaire de l’hôtel où elle séjourna vingt ans plus tôt.
Face à un épicier chinois, elle va dérouler les blessures de son enfance.

Les cicatrices

Née à Johannesburg en 1964, Deborah Levy est confronté à l’apartheid. Alors qu’elle n’a que cinq ans, son père, membre de l’ANC, est arrêté par l’unité spéciale des services de la Sûreté.
A l’école, avec sa nounou, chez sa marraine à Durban, Deborah vit chaque jour le racisme, l’exclusion, l’enfermement tel Billy Boy, la perruche de Dory. Cette petite fille qui n’ose parler haut, s’accroche aux paroles de Melissa, une jeune fille qui assume ses désirs.
Lorsque cinq ans plus tard, son père est libéré de prison, la famille s’envole pour Londres. Vivre en exil dans une banlieue grise est une nouvelle épreuve pour l’auteur.

Ces couvercles, comme nous, n’avaient pas d’endroit à eux. J’étais née dans un pays et j’avais grandi dans un autre, mais je ne savais pas trop auquel j’appartenais.

Après le divorce de ses parents, la jeune femme commence à écrire sur des serviettes dans les bars. C’est peut-être le début d’une forme d’acceptation.

Parler haut

Que fait-on du savoir qui nous empêche de vivre ? Que fait-on de ce qu’on ne veut pas savoir ?

Ce retour à Majorque est une thérapie, une quête pour comprendre les larmes. Affronter les mensonges, les silences du passé permet à l’auteur d’accepter ses désirs, d’enfin pouvoir parler haut. Pour écrire clairement et sans rage, il faut savoir voyager vers le passé, le revivre pour accepter.
J’avais commencé par le second volet de ce triptyque, Le coût de la vie. Ce second récit se situe après le divorce de l’auteur. On y parle davantage de féminité et de la place de la femme dans une société patriarcale.
Trouver sa place est le thème majeur de ces deux courts récits.
Il me reste donc à lire Etat des lieux, le troisième tome de ce triptyque.

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

8 mars 2024 à 11 h 57 min

Un triptyque qui peut m’intéresser. J’attends ton avis sur le troisième opus.





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