Titre : Bientôt les vivants
Auteur : Amina Damerdji
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 288
Date de parution : 4 janvier 2024

 

Septembre 1997, une soirée printanière tourne au massacre

A Sidi Youcef, dans un hameau au pied de la forêt, les familles profitent d’une soirée printanière. Les hommes jouent aux dominos, les enfants courent dans la rue. Mais soudain, des soldats à bord d’une jeep envahissent les lieux. Dans ce lieu proche de la forêt Baïnen où se cachent les terroristes, le massacre est sanglant.
Selma Bensaïd et Maya Hakkar, sa cousine photographe, deux jeunes filles d’un quartier aisé observent ces hommes massacrant à coups de hache les habitants du village.
Mais que font-elles à Sidi Youcef ? En repartant en Octobre 1988, Amina Djamerdji nous raconte les années noires de l’Algérie au travers des yeux de Selma.

Neuf ans plus tôt, chez les Bensaïd

En octobre 1988, nous entrons dans l’intimité de la famille de Selma. Alors qu’Alger est en état de siège, son père, Brahim Bensaïd invite ses amis et sa famille afin de fêter sa promotion comme chef du service pédiatrique de l’hôpital de Baïnen. Il espère ainsi amener plus de confort à sa famille sans se compromettre avec des généraux corrompus comme son beau-frère, Charef Hakkar, grand chirurgien qui arrondit ses fins de mois en revendant des médicaments.
Brahim Bensaïd vit dans une maison modeste de trois étages avec sa femme et sa fille, sa mère Mima et son frère Hicham.
Mima, veuve de Si Smaïl, s’inquiète surtout pour son second fils. Adolescent, il était dans l’accident qui coûta la vie à son père. Sans les relations de ce dernier, il n’a pas pu échapper au service militaire. Jeune avocat, opposant au régime du gouvernement, il assure la défense de dirigeants du front islamique du salut. Ce qui rend fou de rage Brahim.

Selma, une passion pour l’équitation

Alors que le pays traverse des moments d’extrême violence, Selma tente de vivre sa vie d’adolescente. Elle comprend à demi-mot la colère de son père, la peur de sa grand-mère, l’inquiétude de sa mère et l’emprisonnement et les violences subies par son oncle.

Dans cette guerre, pense Selma, il n’existe qu’une alternative : rompre les liens qui nous abîment ou nous laisser déchirer par eux.

A son âge, elle se préoccupe surtout de ses passions, ses amitiés et ses amours naissantes. Grande et peu féminine, elle est la risée de ses camarades et notamment de sa cousine Maya.
Aussi trouve-t-elle refuge dans sa passion pour l’équitation et son amour pour Shéïtane, un cheval imprévisible et capricieux qu’elle seule peut  apaiser.
Choquée par la violence d’Adel, un jeune palefrenier, elle éprouve toutefois une certaine attirance pour ce jeune homme de Sidi Youcef.

Grandir en pleine décennie noire

Amina Damerdji relate les événements de la guerre civile algérienne des années 90 au travers des yeux d’une adolescente. Elle mêle ainsi un roman d’initiation et un témoignage historique.
Dans un contexte bien documenté, l’auteur laisse une large place à la force romanesque. Ses personnages bouillonnent d’émotions en proie à leurs soucis personnels et familiaux et face aux événements politiques.

Nos blessures ne sont pas des impasses mais d’autres chemins.

Le roman s’ouvre et se ferme sur le massacre à Sidi Youcef et l’on peine à trouver un chemin serein au coeur des ces impasses violentes.
Après la révolution cubaine ( Laissez-moi vous rejoindre), Amina Damerdji confirme son talent romanesque au service du devoir de mémoire.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

belavalflorin
27 mars 2024 à 17 h 40 min

Bonjour. Ce livre est dans ma PAL, je vais le remonter en surface: il m’avait attirée par l’évocation des années noires mais aussi par la passion de l’équitation que j’ai longtemps partagée: mon cheval est mort à 32 ans en 2000.



29 mars 2024 à 15 h 19 min

Une auteure qu’il me faut découvrir.



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