nothomb2013Titre : La nostalgie heureuse
Auteur : Amélie Nothomb
Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 152
Date de parution : 22 août 2013

Auteur :
Amélie Nothomb est née à Kobé en 1967. Dès son premier roman Hygiène de l’assassin paru en 1992, elle s’est imposée comme un écrivain singulier. En 1999, elle obtient avec Stupeur et tremblements le Grand Prix de l’Académie française. La nostalgie heureuse est son 22ème roman.

Présentation de l’éditeur :
« Tout ce que l’on aime devient une fiction. »
Amélie Nothomb

Mon avis :
Si Amélie Nothomb vit un « contact high » ( ce que l’on ressent au contact d’une personne sous l’influence de drogues) en voyant par le hublot de l’avion la majesté de l’Himalaya, je peux dire sans exagération (ou presque) que je ressens la même chose en lisant un roman de cette auteure très particulière.
Pour une fois, vous ne trouverez pas de personnages surprenants au prénom étrange, même si l’auteur nous parle de sa spécialité en onomastique (étude des noms propres). Nous effleurons à peine une expérience hallucinogène avec le caisson à oxygène. Moins de folie et davantage d’intime pour cette cuvée 2013, puis qu’Amélie retourne avec une équipe de journaliste au Japon après seize ans d’absence.
Plusieurs de ses romans ont déjà évoqué son arrachement au pays et aux bras de sa nourrice Nishio-san à l’âge de cinq ans, ainsi que son premier amour avec Rinri dans les années 89/90.
En 2012, sur les traces de son passé, elle ne retrouve que peu de choses après le tremblement de terre de Kobé en 1995 qui a détruit la maison de son enfance.
 » l’Apocalypse, c’est quand on ne reconnaît plus rien. »
Même si Nishio-san a vieilli, Amélie retrouve dans son étreinte l’amour de son enfance.
 » Mais le cœur est multiple et de même que l’on peut tomber amoureux plusieurs fois, on peut identifier plus d’une femme à la mère idéale. »
Rinri n’est pas rancunier après la fuite d’Amélie et ce qu’elle en raconte dans Métaphysique des tubes qui vient de paraître au Japon après des années de refus de publication de l’auteur au Japon ( suite à la polémique de Stupeurs et tremblements roman qui dénigrait les entreprises japonaises).
Quel plaisir de trouver une Amélie plus intime, plus transparente ! Elle nous fait partager sa nostalgie en parcourant les lieux de sa jeunesse aujourd’hui disparus ( sa maison, son village de Shukugawa devenu une banlieue chic, le parc Shirogane réduit à quelques mètres carrés, son école toujours debout mais différente, sa nourrice abandonnée par sa famille et sa mémoire).
Elle nous fait découvrir la mentalité japonaise.
 » Les japonais font ce qu’ils disent, c’est simple. »
 »  » Natsukashii » désigne la nostalgie heureuse, répond-elle, l’instant où le beau souvenir revient à la mémoire et l’emplit de douceur. Vos traits et votre voix signifiaient votre chagrin, il s’agissait donc de nostalgie triste, qui n’est pas une notion japonaise. »
Elle nous parle avec le témoignage de Rinri du tremblement de terre ressenti jusqu’à Tokyo le 11 mars 2011 et du tsunami de Fukushima.
Toujours aussi court mais très différent, ce roman témoigne de nombreuses émotions personnelles. Amélie nous fait vivre avec elle, le « kensho » ( extase, perception de l’imminence) au croisement de Shibuya à Tokyo.
 » Je ressens le vide. En Occident, ce constat apparaît comme un échec. Ici, c’est une grâce et je le vis comme telle. »
 » Je suis une aspirine effervescente qui se dissout dans Tokyo.
 »
Le retour sur Paris est difficile et j’ai quitté à regret l’ambiance nostalgique de ce court roman.
Je salue l’auteur qui nous livre cette année un roman plus intime, plus sensoriel. Elle nous dévoile un peu l’âme japonaise, et témoigne des blessures subies par les catastrophes naturelles ( tremblement de terre de Kobe en 1995 et de Fukushima en 2011)

 » Si le temps mesure quelque chose chez un être humain, ce sont les blessures. »

Amélie Nothomb m’a particulièrement séduite cette année.

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Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

23 août 2013 à 7 h 55 min

Il faudrait peut-être que je me remette à Amélie Nothomb. J’ai arrêté de la lire il y a quelques années après quelques déceptions…



23 août 2013 à 8 h 35 min

Cela fait longtemps que je ne l’ai pas lue;Je vois que tu restes une inconditionnelle et c’est parfois assez dur tant les réactions peuvent être violentes contre cette auteure. Cela me sidère d’ailleurs.



23 août 2013 à 11 h 51 min

J’attendais ta chronique pour ce livre, plus de doute j’embarque pour le Japon.



23 août 2013 à 11 h 52 min

Il me tente bien 🙂



23 août 2013 à 13 h 08 min

Je dois absolument découvrir cette auteure !



24 août 2013 à 12 h 40 min

Merci pour ta proposition. J’irai la semaine prochaine à la bibliothèque pour leur demander si ils ont ce roman.



24 août 2013 à 22 h 28 min

J’ai divorcé d’avec cette auteure, trop de déceptions



    25 août 2013 à 6 h 51 min

    Son choix d’écrire un livre par an fait partie de son image mais c’est sûrement préjudiciable à la création littéraire. Tout de même, celui-ci est un peu différent, il faut le reconnaître. De toute façon, pour moi, elle fait partie de mon « décor ». Renoncer à la lire, serait comme renoncer à mes souvenirs de jeunesse (étrange, non?)



alexmotamots
25 août 2013 à 16 h 40 min

Un nouvel Amélie Nothomb pour cette rentrée ? Bizarrement, cela ne m’étonne pas…..



27 août 2013 à 14 h 42 min

Bonjour,
Tu viens de faire ici une excellente chronique de ce roman (bien meilleure que la mienne il n’y a pas de doute). J’ai dévoré ce roman, j’ai déjà lu deux Amélie Nothomb, mais celui là est pour moi le plus abouti. Par contre étant curieuse, je vais approfondir ma connaissance de cette auteure, avec d’autres ouvrages.



    27 août 2013 à 15 h 17 min

    Merci et je vais aller lire ton avis. Je suis contente que ce roman t’ait plu car l’auteur a de nombreux détracteurs, un peu par habitude, me semble-t-il, alors que ce roman est de grande qualité.



21 septembre 2013 à 14 h 29 min

Je viens tout juste de le terminer et de le chroniquer. Une fois de plus, Amélie Nothomb a su me toucher, m’émouvoir… J’ai beaucoup aimé la proximité que créer la confidence des émotions qu’elle a ressentie lors de son retour au Japon… Un livre vraiment agréable et intense.
J’ai vu d’ailleurs le documentaire à l’origine de ce livre, jeudi dernier, sur France 5 et j’ai vraiment apprécié. Tu l’as vu ?



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