ryknerTitre : La belle image
Auteur : Arnaud Rykner
Éditeur : Éditions du Rouergue
Nombre de pages : 144
Date de parution : 21 août 2013

Auteur :
Né en 1966, Arnaud Rykner vit à Paris. Essayiste, metteur en scène, il est également l’auteur d’une œuvre romanesque disponible aux éditions du Rouergue, où il a notamment publié Nur (2007 ; Babel numéro 905) et La Belle Image (2013). Le Wagon a reçu le prix Jean-d’Heurs du roman historique en 2011.

Présentation de l’éditeur :
Ce livre est né d’une révolte. Un homme vient de sortir de prison, un autre tente de l’aider à reprendre pied dans la vie sociale. Ils s’échangent des lettres. Le condamné raconte les chemins qui l’ont mené derrière les barreaux. Il dit surtout qu’on n’en sort pas, que l’acte qu’il a commis l’a fait entrer dans une prison plus vaste, qui l’efface de la société. Qu’est-ce qui, dans son histoire dramatique, attire l’autre ? En quoi correspondent-ils ? Ce nouveau roman d’Arnaud Rykner s’inspire de la correspondance que l’auteur a menée avec un homme.
La belle image ne se veut pas un roman social sur la prison ou la double peine, qui marque souvent définitivement du fer de l’exclusion un homme condamné. Il ne veut pas donner de leçon. Avec Arnaud Rykner, on s’interroge sur la condition de chacun, notre part de liberté et d’enfermement ainsi que sur notre rapport aux passions. Comme dans Le Wagon, son précédent roman, Arnaud Rykner joue du réel et de la fiction avec la force de son écriture dépouillée.

Mon avis :
 » Je voulais seulement faire un livre impossible à aimer. Sans morale. Sans issue. »
Voilà ce que Arnaud Rykner s’est engagé à écrire suite à sa correspondance avec un professeur en prison souhaitant faire une thèse sur la Littérature. Inutile de dire que cet homme n’est pas un délinquant mais il a commis une faute pour laquelle il doit payer. Parce que les lettres sont d’une grande pudeur, que le rédacteur tente de ne pas trop se plaindre mais recherche plutôt une écoute sincère, l’auteur se reconnaît de plus en plus en cet homme meurtri, identifié à jamais par son acte, enfermé même en liberté sous le regard des autres.
 » De toute façon, l’image, ce sont les autres qui me la fabriquent, et de celle-là, je ne pourrais jamais me défaire. »
Alors que l’un tente de se refaire une place dans une  société qui le rejette, l’autre crie sa rage et sa révolte contre ces hommes qui jugent et continuent à réduire à néant celui qui a déjà payé sa dette.
Sans défendre un homme qui a commis un acte répréhensible, faut-il le faire payer éternellement son égarement ?
C’est un récit personnel pesant tant par la lassitude de l’homme banni que par l’égarement de l’écrivain.
 » J’aurais beau partir au bout du monde, c’est toujours moi que je trouverais, et c’est ce que je fuis. »
Mais c’est un texte très beau où les mots ont la force de l’incompréhension, de la révolte face à cet homme libre d’une prison dont on ne sort jamais.
J’ai lu ce livre dans le cadre du club de lecture chapitre et je remercie la librairie d’Orléans pour ce prêt.

RL2013

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

7 novembre 2013 à 13 h 08 min

cela me semble un livre dur à lire



7 novembre 2013 à 13 h 58 min

C’est toujours intéressant de lire des critiques de livres peu médiatisés.
Et quelle chance d’avoir une librairie/bibliothèque dans sa ville. Je ne connaissais pas l’existence de tels clubs de lecture.



    7 novembre 2013 à 14 h 48 min

    Oui, c’est pour cela qu’il faut défendre les plus petites librairies. Même si Chapitre est une chaîne nationale, l’enseigne connaît quelques difficultés. Et j’espère bien que cette boutique sera reprise avec ses très sympathiques animateurs du rayon Littérature.



alexmotamots
8 novembre 2013 à 12 h 47 min

Ta librairie te prête des livres ? Trop classe !



    8 novembre 2013 à 14 h 28 min

    Oui, je n’arrête pas de leur dire et de vous le dire qu’ils sont très sympathiques. Et il faut le répéter parce qu’ils ont besoin de soutien pour que cette librairie ne ferme pas ses portes l’été prochain faute de repreneur.



8 novembre 2013 à 17 h 47 min

C’est intéressant de découvrir un livre qu’on ne voit pas sur les autres blogs… Merci !



9 novembre 2013 à 7 h 31 min

J’aime beaucoup les citations, cette réflexion sur l’image, entre celle que les autres voient, celle que l’on veut fuir et qu’on retrouve toujours, celle qui nous échappe. C’est une lecture prometteuse, à épingler dans mes prochains favoris je l’espère 😉 !



    9 novembre 2013 à 8 h 35 min

    Prisonnier de son image, de celle dans laquelle les autres nous voient. C’est effectivement ce trouble que ressent l’auteur face à cet homme qui sort de prison. Il se retrouve en lui. C’est une très belle lecture. J’espère qu’elle te plaira.



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