Titre : L’épaisseur d’un cheveu
Auteur : Claire Berest
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 240
Date de parution : 23 août 2023

 

Un homme de l’ombre

Etienne Lechevallier est correcteur pour la maison d’édition L’instant fou. Avec une maîtrise de lettres, mais malheureusement recalé au concours des chartistes, il rêvait d’une meilleure carrière. Maillon invisible de la chaîne d’édition, il fait du zèle en réécrivant parfois des pans entiers des manuscrits.
Cet homme qui était toujours le dernier à savoir dans sa jeunesse, peu attiré par les mondanités, a épousé Vive, une photographe dynamique. Elle était son amie d’enfance. Mais il l’a retrouvé dix ans plus tôt lors de sa première exposition photo. Lui, était en pleine dépression suite au décès de sa mère. Elle, venait d’être quittée par Matthieu.

Le féminicide

Claire Berest ne fait pas dans le suspense. Très rapidement, nous retrouvons Etienne en garde à vue suite au massacre de Vive dans leur appartement. Ce qui intéresse l’auteure, spécialiste de l’analyse du couple, c’est de comprendre ce qui s’est passé dans la tête d’Étienne pour en arriver à ce coup de folie.
J’ai détesté cet homme veule, égocentrique, imbu de lui-même. Il ne supporte ni la contradiction, ni l’imprévu. Au moindre mécontentement, il s’enflamme.
Trois ans plus tôt, Vive l’avait quitté. Incapable de vivre sans elle, il a tout fait pour la récupérer.

C’est pour ça qu’il avait besoin d’elle, pour qu’elle soit son prolongement, qu’elle amplifie de ses émotions femelles le feu confidentiel des siennes propres. Mais Vive réagissait comme à son habitude. Elle ménageait la chèvre et le chou, essayant de comprendre tout le monde.

Trois jours fatidiques

Claire Berest nous fait partager les évènements fatidiques des trois jours avant le féminicide. Petit à petit, nous allons comprendre ce qui s’est passé dans la tête d’Étienne. Déceptions personnelles et professionnelles s’enchaînent.
Lundi, le jour de l’ exposition de Sigmar Polke, Vive remet en cause le planning très routinier de son mari. Tous les étés en Italie, tous les mardis au concert.

Je demande simplement si tu parviens à considérer le point de vue des gens qui t’entourent.

Mardi, sa responsable lui reproche de dépasser son rôle de correcteur. Et Vive refuse pour la première fois de l’accompagner au sacro-saint concert du mardi. Un concert de Mahler, musique sur laquelle il avait demandé Vive en mariage !

Mercredi. Si Vive accepte de l’accompagner à la grande fête de L’Instant fou, l’heure est aux règlements de compte.

Ainsi, Claire Berest essaie de comprendre ce qui mène à la folie du féminicide dans un couple sans violence. Et malheureusement, elle parvient à nous faire admettre que c’est dangereusement vraisemblable.

Ce roman permet de saluer le travail des correcteurs jusque dans les remerciements de dernière page.

 

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *