Titre : Le plus court chemin
Auteur : Antoine Wauters
Edition : Verdier
Nombre de pages : 256
Date de parution : 24 août 2023

 

L’enfance

Avec ce texte autobiographique, Antoine Wauters revient sur son enfance dans un petit village wallon. Là, auprès d’un père banquier souvent absent et d’une mère enseignante et artiste, il découvre avec son frère jumeau une vie proche de la nature. Une vie d’effacement, modeste au milieu des champs et des bois. Mais une vie riche, heureuse, forte de ses traditions, de sa rusticité malgré les tiraillements entre flamands et wallons. La paix n’est-elle pas au contact de la terre ?

Nous ne sommes pas nés heureux, nous avons appris à l’être.

C’est une vie qui me parle avec les distractions simples comme dessiner au dos de feuilles imprimées faisant de l’envers un décor précieux. Avec les expressions comme « faire les commissions » ou les usages détournés d’un « fût de Dash ».

Une masse colossale d’ennui. De temps qui ne passe pas. De vie réduite à sa plus basse intensité….Je ne sais pas s’ils ont été heureux.

En souvenir, cette vie loin du capitalisme, semble toujours appartenir à «  la moitié moelleuse du monde. » C’est du souvenir de cette vie et de la conscience d’un monde qui court à sa perte sous le cycle de la production et de la consommation que naît la sensibilité écologique de l’auteur.

Le musée des contradictions

Antoine Wauters se construit sur des contradictions. Être nulle part et partout à la fois, pleinement soi-même et simultanément personne. Contraint par son métier à affronter la ville, il en éprouve panique et joie.
C’est ainsi qu’il se construit. Fort de ses origines, il s’en extrait aussi par l’écriture.

La nostalgie, c’est un applaudissement du passé. Dans une main, il y a des larmes. Dans l’autre, beaucoup de joie.

Un terreau d’écriture

Ecrire, se souvenir des voix qu’il porte en lui.

Ecrire devient le plus court chemin vers les origines, vers cette terre qui l’a pétri, vers la famille qui l’a construit. Sa sensibilité, ses contradictions constructives viennent de là. L’écriture est un lieu où on se débarrasse des maux comme l’arbre à clous de sa grand-mère.

L’écriture m’a beaucoup donné et elle m’a beaucoup pris. Ce qu’elle m’a donné de meilleur ? Une voie parallèle. Ce qu’elle m’a pris de plus précieux ? La voie principale, celle qui menait aux autres.

Fragments

Ce livre est un puzzle, « un mélange de mémoire et d’oubli ».
A l’image de la mémoire morcelée, ce texte se compose de fragments. Chaque courte page évoque des souvenirs et tente de comprendre le lien entre l’enfance et le besoin d’écriture. Quand vient le manque, quand l’enfant asthmatique doit retrouver son souffle, la paix se retrouve par l’écriture, au contact de la nature, de l’enfance.

La vérité de ma tristesse se trouvait sous mon sternum, et dedans, il y avait une malle pleine de mystères souffrant de ne pouvoir être dits. Dans cette malle, il y avait du feu, je le sentais. Autant de feu, de glace et de force vitale que de capacité à me détruire. Au gens comme nous, Maman disait que le monde ne convenait pas. Parce qu’il ne nous suffisait pas. Il nous fallait de la beauté, à nous. La beauté nous portait. Sans beauté, disait-elle, les gens de notre espèce s’auto-consument. C’est si vrai.

J’aime profondément l’écriture poétique d’Antoine Wauters. Ce récit intime est un hommage aux origines, un texte nostalgique, triste mais sincère et riche d’une profonde tendresse. Ce texte intime est le plus court chemin pour comprendre l’univers et la sensibilité de l’auteur.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

je lis je blogue
24 août 2023 à 14 h 45 min

je n’ai lu aucun roman d’ Antoine Wauters, pour l’instant. Pourtant, il semble doué. J’ai l’impression que tous ses livres sont réussis



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