Titre : Au plus beau pays du monde
Auteur : Tahar Ben Jelloun
Littérature franco-marocaine
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 244
Date de parution : Octobre 2022

 

Hommage au Maroc

J’ai choisi ce livre l’an dernier à la suite d’un voyage au Maroc. Une manière de prolonger la découverte d’un pays accueillant, contrasté, riche de vie et de culture.
Je profite du mois africain pour m’y plonger en priorité. Je rends ainsi un modeste hommage à un pays récemment touché par un violent séisme.
J’ai beaucoup lu Tahar Ben Jelloun. Malheureusement ses derniers romans ne sont plus à la hauteur de ses premiers écrits. Dans ce recueil, encore très axé sur les relations amoureuses, le pays prend le pas sur les angoisses d’un auteur vieillissant. De Casablanca à Tanger, en passant rapidement par Fès ou Marrakech, ces quatorze histoires balayées par le vent d’est qui rend fou, sont rythmées et teintées d’un bel humour ironique.

La société marocaine

Si les nouvelles s’ancrent dans des villes marocaines mythiques, décrivent parfois des monuments ou lieux remarquables, elles mettent surtout en évidence le style de vie.
Le conflit entre musulmans et juifs, suite à la guerre entre Israël et les pays arabes en 1967, les années de plomb ont séparé les familles, les amours naissantes.
Les relations de couple, la condition féminine codifiés par la Moudawana suscitent de croustillantes nouvelles. La nouvelle Un crime parfait est une excellente illustration de la vengeance de la femme bafouée.
Tahar Ben Jelloun met en histoire avec beaucoup d’humour les pratiques de corruption, les arcanes de l’administration.

Tu as l’esprit trop rationnel; ici, il faut savoir jongler avec la raison, la foi, l’intérêt, parce qu’au fond tout finit par s’arranger. En m’installant, j’ai vite compris comment ça fonctionne. Je suis redevenu marocain. Il faut oublier l’Europe. Ici, on ne nous aime pas beaucoup.

J’ai apprécié cette lecture. Ce sont des histoires vivantes, illuminées de la beauté des lieux. L’auteur évoque sans compromis  la façon de vivre des marocains, l’invasion des résidents étrangers fortunés. J’y ai retrouvé mes sensations de voyage.

Le marocain te dira toujours oui, même et surtout quand il pense non !

C’est un pays très accueillant. Et parfois tout se passe mieux avec un petit billet. J’ai retrouvé avec plaisir celui qui te propose de surveiller ou laver ta voiture pour un petit billet sur un parking gratuit.

Et je ne résiste pas retranscrire cet éloge de la lecture ( Don Quichotte à Tanger)

Je sais que les livres sont notre liberté, même si certains prétendent qu’ils ne seraient que mensonges. Les livres nous donnent la possibilité d’ouvrir un château fort ou un magnifique palais dont les murs sont d’or massif, les créneaux de diamants, les portes d’hyacinthes; l’ordonnance en est si admirable que, malgré les diamants et les escarboucles, l’architecture semble plus précieuse que la matière.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

6 octobre 2023 à 11 h 13 min

Je n’ai jamais accroché aux romans de Tahar Ben Jelloun. Ces nouvelles pourraient cependant me réconcilier avec l’auteur car les extraits que tu cites me plaisent beaucoup.



9 octobre 2023 à 13 h 30 min

Je te rejoins sur cet auteur : ses derniers écrits ne sont pas à la hauteur de ses premiers textes.



Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :