lyonTitre : Le juste milieu
Auteur : Annabel Lyon
Littérature canadienne
Traducteur : David Fauquemberg
Éditeur : Quai Voltaire / La table ronde
Nombre de pages :324
Date de parution : août 2011

Auteur :
Née en 1971 au Canada, ANNABEL LYON reçoit un chaleureux accueil de la critique dès la publication de son premier recueil de nouvelles, Oxygen, en 2000. The Best Thing for You, un autre recueil de nouvelles paru en 2004, est nommé pour le Ethel Wilson Prize for Fiction. Son premier roman, The Golden Mean (2009) est sélectionné pour les trois prix de fiction majeurs du Canada, Giller Prize, Governor General’s Award et Roger Writers’ Trust Fiction Prize. Il obtient le troisième. Le roman est traduit en dix-sept langues.

Présentation de l’éditeur :
Aristote était un être de chair et de sang, et Alexandre le Grand, un adolescent plein de doutes et d’arrogance. Lorsqu’en 342 avant Jésus-Christ, le philosophe devient précepteur du futur roi de Macédoine, la relation qui s’établit est aussi singulière et enrichissante pour l’un que pour l’autre. Par ses démonstrations très concrètes sur une table de dissection, comme par ses réflexions éthiques et métaphysiques, Aristote transmet à son jeune élève la notion de «juste milieu», point d’équilibre entre deux extrêmes, si difficile à atteindre. De son côté, le fougueux Alexandre, qui désire déjà ardemment «ouvrir la gueule pour avaler le monde entier», offre des perspectives au maître peu aventureux que son père lui a choisi.
Des cahutes enfumées aux chambres du palais, Annabel Lyon lève le voile sur deux hommes illustres dont l’admiration réciproque et l’intelligence ont transformé le monde. Au fil de dialogues incisifs et souvent très crus, elle explore avec finesse et jubilation des thèmes aussi universels que la transmission du savoir, les rapports filiaux, les conflits de génération, les jeux de pouvoir.

Mon avis :
 » Mesure et médiocrité sont deux choses distinctes. Représente-toi les extrêmes comme des caricatures, si cela peut t’aider. Le juste milieu, auquel nous aspirons, est le contraire de la caricature. »
Aristote et sa femme Pythias rejoignent le palais du roi macédonien Philippe. Le père d’Aristote était le médecin du père de Philippe, qui se souvient de sa jeunesse avec Aristote et a donc une grande confiance en lui.
Philippe « n’avait rien d’un érudit, il aimait la violence, avait un sens de l’humour particulièrement grossier et une sexualité précoce qu’il ne prenait pas même la peine de dissimuler. »
Il  propose à Aristote d’être le précepteur d’Alexandre, son fils,  jeune homme libre et fougueux. La sagesse d’Aristote, ancien disciple de l’école de Platon, doit atténuer le côté barbare de Philippe en ouvrant l’esprit d’Alexandre.
Chacun fera un pas vers l’autre, d’un extrême à l’autre pour tenter de trouver le juste milieu. Aristote ira sur le champ de bataille avec Alexandre qui, lui-même s’instruira de la philosophie du sage.
 » On peut apprendre sans conquérir » . C’est ce que va s’efforcer de faire comprendre Aristote au provocateur Alexandre qui a sans cesse besoin de franchir les limites pour obtenir le respect et l’adoration de ses sujets.
Alexandre est pourtant un jeune homme sensible, couvé par l’amour de sa mère Olympias. Il est un esprit curieux qui a envie d’apprendre aux côtés d’Aristote mais il a surtout besoin de dominer, de conquérir. Il est « un garçon ordinaire qui a trop de privilèges. Un jeune morveux violent. »
Cette éducation philosophique se partage aussi avec l’aide apportée à Arrhidée, un autre fils oublié de Philippe. Aristote le sort de son mutisme et de son handicap. Il représente aussi un des extrêmes, la faiblesse et la peur permanentes en regard de l’audace de son frère.
Le roman s’enrichit aussi de périodes de l’enfance d’Aristote puis de sa vie de famille aux côtés de Pythias. Ce qui permet de voir le rôle des femmes en ces lieux et époques où l’homosexualité et même la pédophilie sont fréquentes.
 » La hiérarchie de l’État reproduit celle du foyer, où les hommes commandent et où les femmes et esclaves obéissent, comme l’a voulu la nature. »
Le juste milieu est un roman très riche où l’on entrevoit les débuts de la science avec les premières dissections, les conquêtes macédoniennes, les rivalités avec Athènes, la place de l’esclavage.
Annabel Lyon nous plonge facilement dans l’époque avec ce comportement très naturel et parfois cru, sans tabous, des hommes. C’est un dépaysement qu’elle propose de poursuivre avec Aristote, mon père, un roman qui paraîtra le 28 août 2014 aux Éditions de la Table Ronde.

PALété  New Pal 2014

 

 

 

 

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

argali2
2 août 2014 à 11 h 47 min

Je n’ai pas lu celui-ci mais j’ai lu la suite (qui peut se lire indépendamment) et j’ai beaucoup aimé. J’ai apprécié l’écriture, le style et le propos. Un roman qui change un peu et nous informe intelligemment sur la Grèce Antique.



alexmotamots
2 août 2014 à 23 h 10 min

Je sens que tu as déjà noté le titre suivant pour tes prochains achats.



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