dreyfus-cTitre : Ce sont des choses qui arrivent
Auteur : Pauline Dreyfus
Éditeur : Grasset
Nombre de pages : 234
Date de parution : 20 août 2014
Auteur :
Pauline Dreyfus est née en 1969. Elle est l’auteur de Immortel, enfin (Grasset, 2012, prix des Deux-Magots). Ce sont des choses qui arrivent est son deuxième roman.
Présentation de l’éditeur :
1945. Saint-Pierre-de-Chaillot, l’une des paroisses les plus huppées de Paris. Toute l’aristocratie, beaucoup de la politique et pas mal de l’art français se pressent pour enterrer la duchesse de Sorrente. Cette femme si élégante a traversé la guerre d’une bien étrange façon. Elle portait en elle un secret. Les gens du monde l’ont partagé en silence. « Ce sont des choses qui arrivent », a-t-on murmuré avec indulgence.
Revoici donc la guerre, la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Natalie de Sorrente. À l’heure où la filiation décide du sort de tant d’êtres humains, comment cette femme frivole va-t-elle affronter la révélation de ses origines ?
Les affaires de famille, ce sont des choses qu’on tait. La littérature, ce sont des choses qu’on raconte. Dans ce roman où l’ironie est à la mesure du fracas des temps, Pauline Dreyfus révèle une partie du drame français.
Mon avis :
 » Rien n’empêchera les gens du monde de s’amuser. »
La noblesse privilégiée en pleine guerre mondiale, le thème a quelque chose de révoltant. Natalie de Sorrente, l’héroïne de ce roman ne perçoit dans la guerre que l’ennui et l’impossibilité de parader, de montrer ses belles robes dans les salons parisiens.
Pour sa défense, elle est mariée à Jérôme de Sorrente, un ancien riche opportuniste qui ne la regarde plus. Il avait la renommée de ses ancêtres proche de Napoléon , elle avait l’argent d’une riche mère américaine. Certes, elle aurait préféré épouser le beau et jeune André Mahl mais il était juif.
Réfugiée dans le Sud de la France, elle donnera naissance à son deuxième enfant adultérin par une césarienne qui la laissera à jamais sous l’emprise de la morphine. Bien évidemment, elle entend de vagues propos sur la condition des juifs mais, là n’est pas son intérêt. Elle s’émeut toutefois de l’interdiction faite à la fille de sa nourrice de monter sur les planches auprès de Gérard Philippe.
La mort de sa mère Elisabeth lui laisse pourtant un terrible secret qui parvient à lézarder son indifférence.
En Janvier 1943, elle oblige son mari à rentrer sur Paris pour être plus proche de ses préoccupations.
Natalie Sorrente, riche, égoïste et volage commence à prendre conscience des forces du destin.
Même si j’ai bien senti le côté cynique du récit, je ne me sens jamais à l’aise dans ces descriptions de vies mondaines. La superficialité de ces personnages, même si ici le personnage de Natalie se creuse légèrement vers la fin, m’exaspère. Qui plus est, en pleine période de guerre, de privation et d’ostracisme.
Les allusions à quelques personnages connus ne sont pas suffisamment illustrées pour être enrichissantes et les vies des personnages secondaires sont survolées. Comme pour mieux faire place à l’égoïsme de la duchesse.
Ce sont des choses qui arrivent mais elles n’ont pas le même poids pour tout le monde. Bien évidemment, si le fond du roman n’est pas en phase avec mes affinités, cela ne remet pas en cause l’originalité et la qualité du récit.
Je remercie la LNO pour la lecture de ce roman.
rentrée nouveaux auteurs

Auteur

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Commentaires

10 décembre 2014 à 10 h 19 min

Le thème m’intéresse mais ma PAL est déjà assez énorme comme ça. Si l’occasion se présente je le lirai quand même.



    10 décembre 2014 à 10 h 21 min

    Avec deux semaines sans achat, je viens de faire passer ma PAL en dessous des 120.
    Le pire est que les occasions se présentent facilement.



      10 décembre 2014 à 10 h 46 min

      En fait le problème n’est pas tant ma PAL que ma LAL ! J’ai la chance d’avoir près de chez moi une bibliothèque géniale, du coup j’ai considérablement réduit mes achats, et mon compte en banque m’en remercie.



10 décembre 2014 à 10 h 29 min

un peu de plus de mordant aurait été le bienvenu…



    10 décembre 2014 à 10 h 40 min

    Je regrette de teinter cette lecture d’un sentiment personnel. Mais j’aurais effectivement pu passer au-delà si, comme tu le dis, il y avait eu un peu plus de « mordant », de rage, de colère dans la prise de conscience.



10 décembre 2014 à 10 h 30 min

Ce livre ne restera pas dans ma mémoire même si j’ai beaucoup aimé pour l’originalité mais je n’ai pas réussi à avoir de l’empathie pour l’héroïne 🙂



10 décembre 2014 à 12 h 34 min

mon sentiment après cette lecture est assez similaire au tien..le thème est original, mais je ne me suis pas attachée aux personnages, même à Natalie…les personnages sont trop superficiels, trop détachés du quotidien, trop égocentriques.



10 décembre 2014 à 17 h 27 min

Mes réserves ne sont pas les mêmes mais on en arrive à peu près au même ressenti, mi-figue mi-raisin… L’angle utilisé pour traiter une période rebattue est intéressant, mais ça ne va guère plus loin.



    10 décembre 2014 à 17 h 33 min

    Je suis consciente que mes réserves sont d’ordre très personnel. Mais l’ambiance générale ne m’a pas permis d’en faire abstraction.
    Dommage car effectivement,c’était un biais intéressant.



alexmotamots
10 décembre 2014 à 18 h 03 min

Je crois que ces choses vont arriver sans moi.



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