Titre : Notes sur le chagrin
Auteur : Chimamanda Ngozi Adichie
Littérature nigériane
Titre original : Notes on grief
Traducteur : Mona de Pracontal
Editeur : Gallimard 
Nombre de pages : 112
Date de parution : 30 septembre 2021

 

La mort du père

James Nwoye Adichie, le père de Chimamanda Ngozi Adichie est mort brutalement le 10 juin 2020 au Nigeria. Il avait quatre-vingt huit ans. En plein confinement, l’auteur qui réside aux Etats-Unis n’a pas pu se rendre sur place.  Le visage de son père, elle n’a pu le voir une dernière fois que sur Zoom. Le déni et le chagrin ont été amplifiés par la crise sanitaire.

Est-ce que j’oublie parce que je ne suis pas là-bas?

La relation père-fille

Quelque soient leurs âges respectifs la mort d’un père est un profond déchirement . Surtout lorsque celui-ci était un modèle de bonté et de sagesse. Professeur de statistiques, président adjoint de l’université du Nigéria, son père était un homme rigoureux et ponctuel. Les parents ont élevé leurs enfants dans la culture igbo.

Nous étions igbos, c’était tout. Il y a beaucoup de choses que je trouve belles dans la culture igbo et beaucoup avec lesquelles je suis en désaccord, et ce que je déteste dans les obsèques igbos, ce n’est pas la dimension cérémonielle, c’est qu’il faille les célébrer si tôt. J’ai besoin de temps. Pour le moment, j’ai envie de sobriété. Un ami m’envoie une phrase de mon roman : « Le chagrin était la célébration de l’amour, ceux qui pouvaient ressentir un véritable chagrin avaient la chance d’avoir aimé. »

L’auteur sait les traits de caractère qu’elle doit à l’éducation de son père. Souvenirs, photos invitent quelques anecdotes du passé familial. Des moments tendres ou tendus qui toujours montraient la bienveillance du père envers ses enfants.

J’aimais sa grâce, sa sagesse et sa simplicité, le fait qu’il n’était absolument pas impressionnable. J’aimais sa foi lumineuse et modérée, forte mais portée avec légèreté.

Les phases du deuil

Au début, on ne peut pas croire que plus jamais on ne le verra. Cette simple pensée est une douleur insurmontable. Les souvenirs permettent de garder la peine auprès de soi. Puis les autres vous rappellent la douleur. Chimamanda Ngozi Adichie ne supporte plus les mots de condoléances. Viennent alors la colère puis la conscience de sa propre mortalité. La période de confinement accentue l’angoisse, la colère et le chagrin. La crise sanitaire oblige à reporter de plusieurs mois l’enterrement du père.

Notes sur le chagrin

Le récit est très court. Le titre est bien choisi. Des notes, des réflexions, des souvenirs, des mots certes bien choisis pour tenter de retrouver un lien avec un père parti trop brutalement. Mais je suis restée un peu en attente, spectatrice malgré une douleur vécue que je comprends parfaitement.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

22 octobre 2021 à 15 h 06 min

J’attendrais plutôt son prochain roman, le deuil est vécu de façon si personnel par chacun.



23 octobre 2021 à 10 h 08 min

J’avais beaucoup aimé Americanah et celui-ci me paraît trop personnel et intime et comme alexmotamots j’attendrais le prochain 🙂



23 octobre 2021 à 14 h 25 min

je le note pour plus tard car j’ai lu plusieurs récits autour du deuil alors j’ai envie de changer un peu et en plus je n’ai toujours pas lu « Americanah »



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