Titre : Deux secondes d’air qui brûle
Auteur : Diaty Diallo
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 176
Date de parution : 19 août 2022

 

Une cité de Saint-Denis

Juillet, soirée dans un parking proche de Paname à Saint Denis. Astor attend le jeune Samy, seize ans, le frère de Chérif. Tous ces jeunes gens, bachelier, étudiant, salariés aiment se retrouver autour de la musique. Barbecues sauvages, discussions, jeux. Ils sont jeunes et s’amusent, non loin de la pyramide. Ils profitent encore de ce terrain de jeux voué à la destruction par un projet d’aménagement.

Le harcèlement policier

Ils ont l’habitude des contrôles de police. Leurs motos sont régulièrement confisquées. Certains se sont déjà fait arrêtés, tabassés. Mais cette nuit-là, lorsque les forces de l’ordre lancent les fumigènes sur le lieu de la soirée puis prennent en filature la moto de Bak et Samy, c’est le drame. Samy est touché mortellement par les coups de feu des policiers.

Je suis pas mal énervé parce que, vu le nombre de potes à nous qu’on a récupérés dans des états sombres à la sortie de nos trop nombreuses gardes à vue, je savais qu’un joir ça irait plus loin qu’une gueule en sang.

La pyramide

Si Chérif refuse la haine, Astor veut rendre un dernier hommage à Samy. Et ce sera au pied de la pyramide, symbole de leur communauté.

Il y a quelque chose à calmer ce soir. Ensemble. Quelque chose de dur qu’il faut soulager à défaut de guérir. Ensemble.

Face à la vie de Samy arrachée trop tôt, toute la communauté souffre. Une grand messe à quatre temps pour conjurer la fin tragique de la précédente soirée. De la musique, des barbecues, de deux secondes d’air qui brûle pour mettre fin au passé.

Un nouveau monument, à nos béances, à nos morts.

Un style, une émotion

Avec ce premier roman, Diaty Diallo témoigne de l’atmosphère d’une banlieue qu’elle connaît bien puisqu’elle y habite. Elle écrit avec le langage et la musique de la cité. Ses personnages vibrent de leurs passions, se soutiennent grâce à une amitié sincère. Ils ne sont pas des délinquants mais de jeunes travailleurs qui aiment se retrouver et s’amuser. Mais ils savent que la police surveille leurs moindres gestes, prête à arrêter, confisquer au moindre débordement. On sent ce ras-le-bol qui monte face aux répressions. La mort de Samy met le feu aux poudres. Une explosion inévitable.

Un témoignage sensible du quotidien dans les cités.

 

 

 

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

25 septembre 2022 à 12 h 50 min

Un témoignage qui pourrait m’intéresser.



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