rivaisTitre : Conflit de voisinage
Auteur : Rafaële Rivais
Éditeur : Max Milo
Nombre de pages : 190
Date de parution : juin 2013

Auteur :
Rafaële Rivais est journaliste au Monde depuis vingt-cinq ans. Elle a passé plusieurs années à Bruxelles avant de revenir à Paris. Cette histoire s’inspire de faits réels.

Présentation de l’éditeur :
Elle se mit à guetter les allées et venues de sa voisine. Quand elle la savait prête à sortir de l’immeuble, elle préparait une bassine d’eau. Elle la vidait sur sa tête. Elle l’entendait avec jubilation remonter chez elle pour se changer. Lorsqu’elle l’apercevait dans la rue en train de rentrer chez elle avec sa poussette double et les petites dedans, elle bravait le flot des voitures pour arriver avant elle au pied de l’immeuble : elle maculait d’huile la poignée de la porte d’entrée.
Audrey Nichelong envie tellement sa voisine, Rachel Kubler, qu’elle lui fait vivre un enfer. Cette dernière, confrontée successivement à l’indifférence du bailleur social, de la police et de la justice, met de côté ses principes pour assurer sa sécurité et celle de sa famille …

Mon avis :
Sartre nous a bien démontré que  » l’enfer c’est les autres » et si on a inventé la fête des voisins c’est bien pour tenter d’améliorer ces relations de proximité qui peuvent parfois être un peu tendues. Ici, la tension devient effectivement un enfer pour Rachel Kubler, cette quarantenaire journaliste, mère de deux jumelles qui vient s’installer dans un logement social à Paris à son retour de Belgique.
Sur le palier d’en face, partageant la même terrasse vit Audrey Nichelong. Une jeunesse très difficile, un divorce, un petit boulot, deux enfants et des chats errants en font une caricature de la fille souffrant d’un complexe d’infériorité, d’une jalousie exacerbée et d’une méchanceté maladive.
Après avoir tétanisée son ancienne voisine, elle s’en prend à « cette bourge de journaliste ».
Très vite, Rafaële Rivais intensifie et dramatise cette relation de voisinage entre la vicieuse manipulatrice et la sociable journaliste.
Derrière cette confrontation, l’auteur met en évidence les difficultés des logements sociaux, l’indifférence de la Police soumise au respect de ses propres objectifs, le classement abusif de la Justice dépassée par le nombre de dossiers.
Avec un style et un œil de journaliste, Rafaële Rivais écorche le système français (en comparaison avec la Belgique) avec notamment la durée de travail hebdomadaire, le prix des loyers, la défection des systèmes de Police et de Justice.
 » Rachel, qui avait goûté pendant dix ans au charme du compromis belge, se dit qu’elle était bien revenue au pays de la lutte des classes. »
Cette fiction inspirée de faits réels est à la fois drôle, effrayante et réaliste même si parfois je me suis demandée si de tels comportements sont possibles.
Après avoir lu ce livre, vous vous rappellerez ce proverbe marocain :  » Choisis tes voisins avant ta maison. »

Je remercie les Éditions Max Milo pour cette lecture qui éclaire (en accentuant) une nouvelle fois une dérive de notre société.

plume challengeABC2013

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

9 juillet 2013 à 11 h 48 min

Heureusement que tu as précisé qu’il s’agissait de faits réels, j’ai du mal à y croire même si je sais que les vrais méchants aigris existent !! Pas chez moi en tout cas !! 🙂



10 juillet 2013 à 9 h 03 min

j’ai également lu ce livre, et j’ai bien aimé. C’est quasiment angoissant de ce dire que de telles choses sont possibles!



alexmotamots
10 juillet 2013 à 20 h 12 min

Je viens de le terminer, et j’ai vraiment beaucoup aimé.



11 juillet 2013 à 20 h 20 min

Curieuse de découvrir ce livre après tout ces commentaires.



Mouse
26 juillet 2013 à 10 h 43 min

ce roman est très romanesque et stéréotypé à mon gout. il est étonnant que le personnage d’Audrey soit passé à la trappe de toutes administrations.



    26 juillet 2013 à 11 h 56 min

    Le romanesque permet de capter le lecteur sur un sujet épineux. Je suis assez d’accord, on se pose quelques questions sur le degré de fiction. Impunité Pour Audrey mais l’auteur explique son « pouvoir de séduction » et étonnement envers Rachel qui se retrouve dans ce genre d’endroit mais là aussi il y a explication.
    Il est certain, qu’en tant que journaliste, Rafaële Rivais a grossi le trait pour mieux alerter.



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