Titre : Saara
Auteur : Beyrouk
Littérature mauritanienne
Editeur : Elyzad
Nombre de pages : 202
Date de parution : 27 octobre 2022

 

Saara, la courtisane

Le sentiment d’abandon hante la vie de Saara. Elle n’a que cinq ans quand sa mère, contrainte par un mari violent, quitte le foyer. A la mort du père, la jeune fille reprend son commerce afin de survivre avec sa soeur. Mais cette dernière fuit avec un étranger vers la métropole .
Sa rencontre avec Hamza, fils de riche famille, pourrait être source d’espoir. Malheureusement, la famille du jeune homme interdit cette relation.
Hamza a toutefois aidé Saara à se faire une place à Atar en embellissant sa maison qui devient ainsi un lieu de rencontres.
Là, la jeune femme, fidèle à ses origines, accueille Mina, Sam le poète, Breika le musicien et Jid, le petit mendiant.
Une lettre de sa mère mourante la replonge dans le passé et la guide vers Louad, une confrérie religieuse au coeur d’une oasis en plein désert.

Qotb, le cheikh

Louad, terre promise vers laquelle furent guidés les adeptes de La Voie. Au pied des montagnes où les Maîtres ont choisi le Renoncement, vit une communauté religieuse.
A dix-huit ans, Qotb remplace son père à la tête de cette mission. Poussé par l’administration d’Atar, le cheikh est contraint d’ouvrir une école et d’accepter les enseignants de la ville. C’est malheureusement une porte ouverte pour les puissants qui rêvent d’annexer leurs terres. Le maire d’Atar engage la construction d’un barrage sur les terres de la communauté religieuse.
Adeptes de la non-violence, les membres de La Voie ne peuvent s’opposer à ce projet qui va les anéantir. Qotb cherche parmi les nomades du désert le moyen pacifique d’arrêter ce projet.

Mais j’ai saisi, en côtoyant les grands espaces et les esprits simples, ce qu’avaient voulu m’expliquer nos ascètes : que chaque personne possède sa propre réponse et qu’elle ne peut qu’être en elle, et qu’elle ne vient qu’à son heure.

C’est à ce moment que Saara arrive à Louad pour le deuil de sa mère.

Jid, le mendiant

Fils de Nana la folle, sourde et muette, Jid accompagne sa mère dans sa souffrance vers la mort. Violé par un groupe d’hommes dont un fils de riche, Jid se dit sourd et muet. Il peut ainsi guetter les conversations et préparer sa vengeance. Seul son amour pour sa mère et Saara l’aide à tenir debout.

Trois voix, le destin d’un lieu magique

Saara est un rolan choral dans lequel s’élèvent trois voix. Les trois destins se croisent face à l’ambition démesurée des riches politiques.
Dans ce récit qui commence comme un conte pour finir vers une réalité brutale, Beyrouk évoque l’appauvrissement des marginaux et les risques pour l’environnement engendrés par les ambitions toujours plus grandes des riches et des gens de pouvoir.
J’ai beaucoup aimé la légèreté, la simplicité, la poésie de l’écriture. Ce roman est un bel écrin pour une ode à la beauté du monde mis en danger par les projets économiques.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

6 février 2023 à 13 h 48 min

Il a tout pour me plaire, je le note.



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