Titre : Un baiser qui palpite là, comme une petite bête 
Auteur : Gilles Paris
Editeur : Gallimard 
Nombre de pages : 224
Date de parution : 9 septembre 2021

 

L’adolescence

Gilles Paris n’a pas quitté le monde de l’enfance. Depuis Autobiographie d’une courgette, il le met au coeur de ses romans. Malheureusement il connaît les douleurs qui marquent cette période et que l’on n’oublie jamais. C’est peut-être ce qui lui donne cette capacité à comprendre leurs blessures.
Avec ce titre qui rappelle un vers de Rimbaud, ce poète, adolescent rebelle qui affirme qu’on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, Gilles Paris nous emmène dans le quotidien de jeunes lycéens.
Ils ont quinze ans, découvrent les plaisirs des corps, stimulés par les abus d’alcool ou de drogue. Ainsi, ils se construisent un monde de plaisirs éphémères où tout est codé, même le langage.

A quinze ans le mensonge est une habitude.

L’ombre d’Iris

A dix-sept ans, Iris est violée par son beau-père. Cette douleur, elle ne peut la confier à personne. Sa mère ne la croit pas, son frère s’est engagé dans l’armée. Alors, elle se perd dans les bras de jeunes lycéens qui pourraient lui faire oublier ce corps sali à jamais. Quand une vidéo pornographique de sa nuit d’ivresse avec plusieurs garçons circulent sur les portables, elle est maltraitée par tous. Le harcèlement la conduit au suicide. Au lycée, chacun évite d’en parler mais tous perçoivent une part de responsabilité. Iris devient comme une ombre qui hante la mémoire de tous ceux qui l’ont côtoyée, qui ont profité de sa douleur sans chercher à la comprendre.

Des vies qui se cherchent

Enfants de milieu aisé comme Emma et Tom, les jumeaux, de milieu violent pour Timothée, de parents divorcés pour Chloé ou Aaron, chacun tente de s’affirmer.

Nous les ados, on est mal dans notre peau. On aimerait muer plus vite, se débarrasser du mal qui circule en nous comme un sang pollué.

Alors, ils se lancent des défis absurdes, s’enivrent dans les soirées, collectionnent les aventures. Le désir palpite en chacun d’eux malgré les regards qui se cachent sous les mèches de cheveux, les boutons que l’on cache sous les foulards, les désirs encore inavouables. Inconscients, malgré l’ombre d’Iris, ils persistent à jouer avec le feu.

Au plus près des adolescents

L’auteur s’immisce au plus près des préoccupations de ces adolescents. Il comprend leurs doutes, leurs blessures, leur inconscience. Il va même jusqu’à utiliser leur langage en y associant un lexique en fin de roman. Je connais peu de jeunes qui utilisent ce langage mais ce « t’inquiète » asséné aux parents me rappelle quelque chose.
Un récent cas de harcèlement scolaire rappelle combien les jeunes peuvent être cruels ou inconscients. Bien souvent, les jeunes blessés s’enferment dans leurs problèmes sans pouvoir se confier aux adultes et se rendre compte des conséquences de leurs actes. Ce petit roman peut éveiller les consciences, tant des adolescents que des parents.

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

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